Les pays accélèrent leurs efforts de transition juste avant la COP30 et soulignent l’importance du dialogue social pour les CDN 3.0

Des représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs de plus de 15 pays d’Europe et d’Asie centrale ont convenu que le dialogue social est un facteur déterminant pour une action climatique juste et efficace. Cette conclusion a été tirée lors de la réunion régionale de l’OIT sur le partage des connaissances concernant l’intégration des politiques de transition juste dans les contributions déterminées au niveau national (CDN), qui s’est tenue en ligne du 1er au 3 octobre 2025.

Organisée dans le cadre de l’initiative de coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST) de l’OIT, cette réunion a servi de lien stratégique entre la COP29 à Bakou et la COP30 à Belém, en fournissant des orientations pratiques aux pays finalisant leurs CDN 3.0 en vue de leur soumission à la CCNUCC en 2025.

Principaux résultats :

• Le dialogue social est essentiel.

Les participants ont souligné que les politiques climatiques qui ne favorisent pas la participation des travailleurs et des employeurs risquent d’échouer en termes d’équité, de légitimité et de mise en œuvre. Les conclusions de l’OIT montrent que si 68 % des CDN mondiales mentionnent l’emploi, seules 18 % font référence au dialogue social, révélant ainsi une lacune importante.

• Une transition juste doit être sensible au genre et inclusive.

Les femmes, les jeunes et les travailleurs vulnérables sont exposés de manière disproportionnée aux risques climatiques. La réunion a fait écho à l’appel de la COP30 en faveur de politiques climatiques qui s’attaquent délibérément aux inégalités entre les sexes et garantissent un accès égal aux emplois et aux compétences vertes.

• La productivité et l’innovation sont essentielles à la résilience climatique.

Les pays ont souligné la nécessité de construire des « écosystèmes de productivité » qui soutiennent les technologies vertes, le développement des compétences et les entreprises durables, reprenant ainsi les conclusions de la note de l’OIT intitulée « Comprendre la productivité et la croissance de la productivité ».

• La modélisation fondée sur des données probantes renforce les CDN.

La planification de scénarios et la modélisation socio-économique ont été reconnues comme des outils clés pour anticiper les impacts sectoriels, renforçant ainsi les recommandations de la note de l’OIT intitulée « Modéliser les voies vers une transition juste ».

• Le financement doit bénéficier aux travailleurs et aux MPME. Suite à l’engagement pris lors de la COP29 de consacrer 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 au financement climatique, les agences des Nations Unies ont souligné l’importance de rendre ces fonds accessibles aux acteurs de l’innovation sur le terrain. Les MPME, en particulier, nécessitent un soutien ciblé.

La coopération Sud-Sud, moteur de dynamique

Des pays ont présenté les progrès accomplis grâce à la coopération Sud-Sud, des centres d’emplois verts en Ouzbékistan aux plateformes de négociation climatique conjointes au Kirghizistan, en passant par les initiatives de bioéconomie en Amazonie au Brésil. Ces échanges démontrent comment l’apprentissage entre pairs accélère l’adoption de solutions climatiques équitables et créatrices d’emplois.

Perspectives pour la COP30

Les participants ont convenu que 2025 est la décennie de la mise en œuvre, les CDN 3.0 devant dépasser les simples ambitions et se concentrer sur l’exécution. Les commissions tripartites nationales ont été jugées essentielles pour élaborer et suivre ces engagements.

Les conclusions de la réunion confortent la vision énoncée dans le document de synthèse sur la transition juste de la COP30 : l’action climatique doit être sobre en carbone, inclusive et porteuse d’opportunités, afin de garantir qu’aucun travailleur, entreprise ou communauté ne soit laissé pour compte.

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