Première réunion du Groupe de travail sur l’emploi des BRICS (EWG) sous la présidence indienne, 2026 — 16-17 mars 2026

La première réunion du Groupe de travail sur l’emploi des BRICS (EWG), sous la présidence indienne des BRICS pour 2026, s’est tenue virtuellement les 16 et 17 mars 2026. Elle a réuni des représentants des États membres des BRICS et des pays partenaires — notamment le Brésil, l’Inde, la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, l’Égypte, l’Iran, l’Éthiopie et les Émirats arabes unis — afin d’échanger des expériences et de renforcer la coopération sur les politiques du travail et de l’emploi. La réunion a porté sur le renforcement des systèmes de protection sociale, l’élargissement des possibilités de travail décent et la promotion de marchés du travail inclusifs dans les économies des BRICS. Dans ce contexte, la présidence indienne a accordé une attention particulière à la promotion de la sécurité sociale, au développement des compétences, à l’inclusion des femmes et au rôle des plateformes numériques, en s’appuyant sur des initiatives en cours, notamment un projet financé par l’Inde, des efforts de coopération Sud-Sud et le Bureau virtuel de liaison des BRICS.

À l’ouverture de la réunion, de hauts responsables du ministère indien du Travail et de l’Emploi ont souligné l’importance d’une action collective entre les pays des BRICS pour relever les défis communs des marchés du travail. La présidence indienne a défini quatre domaines prioritaires pour l’EWG en 2026 : faire progresser la sécurité sociale et la formalisation des marchés du travail ; renforcer la participation et l’inclusion des femmes dans la main-d’œuvre ; coopérer dans les domaines de l’employabilité, de la cartographie des compétences et du développement des compétences ; et tirer parti des technologies numériques pour les travailleurs de l’économie informelle, de l’économie des plateformes et du travail à la tâche.

Lors de la première journée des discussions, les participants se sont concentrés sur l’extension de la couverture de la protection sociale et la promotion de la formalisation de l’emploi. Les pays ont partagé leurs expériences nationales en matière de renforcement des systèmes de sécurité sociale, d’amélioration de la gouvernance du marché du travail, d’extension de la couverture aux travailleurs informels et de garantie d’une protection adéquate pour les travailleurs dans tous les types d’emploi, y compris les travailleurs temporaires, à temps partiel et indépendants. Le renforcement des systèmes de protection sociale et la facilitation de l’accès grâce à la numérisation et aux plateformes administratives intégrées sont apparus comme des outils essentiels pour améliorer l’accès, la transparence et l’efficacité. Les délégations ont également insisté sur l’importance de la transférabilité des prestations et d’approches politiques coordonnées afin de soutenir les travailleurs qui évoluent entre différents secteurs, formes d’emploi et pays. Dans ce domaine prioritaire, l’OIT collabore avec l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS).

La deuxième session de la journée a examiné les politiques visant à accroître la participation et l’inclusion des femmes sur le marché du travail. Les discussions ont mis en évidence les écarts persistants entre les femmes et les hommes en matière d’emploi, de salaires et d’évolution professionnelle, ainsi que les obstacles structurels tels que les responsabilités de soins non rémunérées, la ségrégation professionnelle, la qualité des emplois et la violence et le harcèlement. Les participants ont également discuté des impacts potentiels de l’intelligence artificielle sur la participation des femmes et des hommes au marché du travail. L’OIT a présenté la plateforme South4Care, une plateforme d’échange de connaissances Sud-Sud sur les politiques de care visant à soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes au travail. Les participants ont présenté des initiatives nationales destinées à relever ces défis, notamment des investissements dans l’économie du care, des programmes de soutien à l’entrepreneuriat féminin, l’élargissement de la protection de la maternité et des politiques favorisant l’accès des femmes aux compétences numériques et aux secteurs émergents. Dans ce domaine prioritaire, l’OIT collabore avec le système des coordonnateurs résidents des Nations Unies.

Le deuxième jour, le Groupe de travail s’est penché sur la coopération en matière de développement des compétences et d’employabilité, avec une attention particulière portée aux inadéquations entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail. Les délégations ont souligné la nécessité de renforcer l’intelligence mondiale en matière de compétences, notamment grâce à une meilleure adéquation entre les systèmes d’éducation et de formation et les besoins du marché du travail, une amélioration de la cartographie des compétences et une plus grande transparence et comparabilité des compétences entre les pays. Elles ont également souligné l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie et de mesures ciblées en faveur de l’emploi des jeunes. L’OIT, en partenariat avec l’OCDE, a présenté la Taxonomie mondiale des compétences ainsi que l’outil interactif Skills for Jobs afin de soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et d’améliorer la transparence des professions en fonction des compétences et des qualifications requises. De nombreux représentants des pays ont exprimé leur soutien et leur volonté d’explorer leur participation à ces initiatives.

La dernière session thématique a examiné le rôle des technologies numériques dans la protection de tous les travailleurs, y compris les travailleurs des plateformes et de l’économie à la tâche. Les pays ont échangé leurs expériences concernant l’utilisation des plateformes numériques pour l’enregistrement des entreprises et des travailleurs, la collecte des cotisations et le versement des prestations de protection sociale, ainsi que les liens avec le développement des compétences, les services de l’emploi et les systèmes d’information sur le marché du travail. Les participants ont souligné le potentiel des technologies pour soutenir des marchés du travail plus inclusifs et un accès universel à la protection sociale, tout en rappelant l’importance de cadres réglementaires appropriés garantissant une protection adéquate pour les travailleurs dans toutes les formes d’emploi, y compris les nouvelles formes émergentes. Dans ce domaine également, l’OIT collabore avec l’AISS.

Tout au long des deux journées, les discussions ont mis en évidence la valeur des échanges de connaissances et de la coopération Sud-Sud entre les pays des BRICS. Les délégations ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la collaboration afin de faire progresser la justice sociale, de renforcer les institutions du marché du travail et de promouvoir des systèmes d’emploi inclusifs et résilients.

Les résultats de la réunion alimenteront les travaux en cours du Groupe de travail sur l’emploi des BRICS et contribueront aux préparatifs de la Réunion des ministres du Travail et de l’Emploi des BRICS prévue plus tard en 2026.