
GENÈVE (29 avril 2026) — Les principales agences des Nations Unies et organisations internationales basées à Genève se sont réunies aujourd’hui à l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour la neuvième session de la Plateforme de partenariat de Genève (GPP). Les échanges ont porté sur l’évolution stratégique de la coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST), en examinant la manière dont différentes entités renforcent ces partenariats afin de relever les futurs défis géopolitiques.
La session a été ouverte par Diana Chavez, responsable par intérim du Département des PARTENARIATS de l’OIT, qui a accueilli les délégués de dix agences des Nations Unies. Diana Chavez a souligné que, dans un contexte mondial en mutation, la CSST a dépassé son rôle d’outil technique. « Il ne s’agit pas seulement d’une discussion sur les politiques publiques ; il s’agit de construire les alliances nécessaires à la réalisation de l’Agenda 2030 », a-t-elle déclaré.
Le South Centre : une boussole stratégique pour le Sud global
La réunion a accueilli une intervention principale du Dr Carlos Correa, Directeur exécutif du South Centre, une organisation intergouvernementale regroupant 55 États membres et dédiée à la promotion de l’expertise collective des pays en développement. Le Dr Correa a présenté la mission du Centre visant à aider les pays du Sud global à harmoniser leurs positions dans les négociations internationales et à renforcer le système multilatéral.
S’appuyant sur des recherches récentes, le Dr Correa a présenté des conclusions sur le développement d’écosystèmes nationaux de CSST, les stratégies visant à mobiliser la CSST pour le développement rural, ainsi que l’évolution du paysage mondial de la CSST.
S’adressant aux participants, le Dr Correa a indiqué que, malgré le travail important restant à accomplir pour mieux intégrer la coopération Sud-Sud au sein du système des Nations Unies, un changement est en cours. Il a mentionné les efforts récents du South Centre, notamment un protocole d’accord avec l’ONU visant à aligner les activités stratégiques, témoignant d’un engagement à faire en sorte que les pays en développement ne soient pas seulement des observateurs, mais aussi des acteurs qui façonnent les politiques mondiales.
La vision de l’OIT : un « cercle d’égaux »
Anita Amorim, cheffe de l’Unité des partenariats émergents et spéciaux de l’OIT, a présenté la vision de l’OIT d’un modèle de développement horizontal dirigé par les mandants.
« Au sein de l’écosystème de l’OIT, nous définissons la CSST comme le “cercle d’égaux” », a déclaré Anita Amorim. « Il s’agit de trouver des solutions qui partagent le même ADN. Le Sud doit rester aux commandes, en s’éloignant des hiérarchies traditionnelles Nord-Sud pour aller vers un apprentissage entre pairs qui génère des modèles concrets pour le travail décent. »
Anita Amorim a présenté des initiatives réussies telles que le réseau « Saber Cuidar » en Amérique latine, qui a contribué à professionnaliser l’économie du care dans 13 pays, ainsi que le partenariat interrégional CARICOM-CEDEAO sur la migration de main-d’œuvre. Elle a également présenté la Plateforme South-4-Care, un espace numérique visant à promouvoir l’égalité de genre et la justice sociale.
Le pôle genevois : des approches diverses de la CSST
La réunion a favorisé un riche échange entre les différents représentants des Nations Unies, révélant une grande diversité d’approches de la CSST au sein du pôle genevois.
On observe un éloignement progressif des modèles traditionnels fondés sur les donateurs au profit de contributions « en nature » et d’approches centrées sur les pays, notamment dans le cadre des BRICS. Parallèlement, de nouveaux modèles de transformation numérique émergent grâce à des centres d’accélération financés et gérés directement par les États membres. On constate également une augmentation notable des projets de renforcement des capacités dans lesquels les économies émergentes jouent un rôle moteur. Cette évolution s’accompagne d’une attention croissante portée au partage régional des connaissances comme outil essentiel pour renforcer la résilience climatique et étendre les politiques de protection au-delà des frontières.
La session s’est conclue par un appel à poursuivre la coordination. Alors que l’ONU prépare sa Stratégie à l’échelle du système pour 2026-2029, la Plateforme de partenariat de Genève (GPP) demeure un espace essentiel pour positionner la coopération Sud-Sud et triangulaire comme un pilier central d’un modèle de développement inclusif, tout en favorisant un effort commun basé à Genève en matière de CSST.
À propos de la Plateforme de partenariat de Genève (GPP)
Lancée en 2024, la GPP est un réseau informel de partage de connaissances réunissant plus de 60 membres du personnel issus de 30 institutions basées à Genève, dont des agences des Nations Unies et des institutions financières internationales. Gérée par l’OIT, la plateforme facilite des consultations interinstitutionnelles souples ainsi que le partage d’expertise dans les domaines des relations extérieures, des partenariats, de la mobilisation de ressources et de la sensibilisation.
Les représentants de l’OMS, d’UNDR, de la Convention des Nations Unies sur les armes, du HCR, de l’OIT, de l’OMPI, de l’IFC, du South Centre (OIG), de l’OMM, de la CNUCED et du Secrétariat de l’ONUG ont participé à la réunion.

